Pourquoi on fête Noël le 25 décembre ?

Noël, la fête la plus importante de l’année après Pâques (selon le calendrier liturgique chrétien) approche à grand pas de rennes. Depuis des siècles, nous le célébrons chaque année le même jour, le 25 décembre. Pourquoi ? Allons remonter le temps pour découvrir ensemble la réponse à cette question.

 

D’où vient le mot “Noël” ?

Noël est sans conteste la meilleure fête de l’année et sans doute la plus attendue parce qu’elle amène de la joie, de l’amour, de la paix et ravive un bon nombre de souvenirs. Mais, savons-nous d’où vient le mot “Noël” et pourquoi appelle-t-on cette fête ainsi ?

Le mot “Noël” viendrait du latin “Natalia” qui signifie “natalité” où il est interprété comme la “date de naissance de Jésus-Christ”. Seulement, plusieurs analogies de ce nom sont apparues au cours de l’histoire. 

Noël trouverait plutôt son origine du latin “Natalis”, une contraction de mot “natus” qui signifie “né” et de “dies” qui signifie “jour”, soit “le jour de la naissance”. Ici, le terme est associé à la naissance du sol invictus (le soleil invaincu) puisque cette fête à lieu le jour du solstice d’hiver durant lequel les jours se font plus longs, car le soleil renaît.

Avec le temps, “Natalis” fut nominalisé en “Natale” qui, lui, subit une évolution phonétique avec la chute du “e” final et l’amuïssement des consonnes “t” et “l” pour donner forme à “Nael”. Soumis à quelques influences, le “a” de Nael fut alors transformé en “o” pour donner forme à Noël. Cette version de l’étymologie de Noël est jusqu’ici la seule officialisée par les linguistes et les lexicographes. 

 

La genèse de la fête de Noël :

La naissance de Jésus :

Nous connaissons tous l’histoire de la naissance de l’enfant Jésus racontée dans le récit de l’évangile selon Saint-Luc. D’après ce dernier, alors que Marie était sur le point de mettre un enfant au monde, l’empereur romain Auguste décréta un recensement obligatoire. Chaque habitant devait alors rejoindre sa ville natale pour se faire enregistrer. 

À ce moment-là, Marie et Joseph, étaient pourtant à Nazareth. Ils devaient alors quitter la ville pour aller à Bethléem dont Joseph était originaire. Une fois sur les lieux, il n’y avait plus aucun endroit libre où ils pouvaient dormir pourtant, Marie était sur le point d’accoucher. 

C’est finalement dans une étable que le couple chercha refuge et c’est là que Marie y mit au monde l’enfant Jésus. Elle l’emmaillota et le coucha dans la mangeoire. 

D’après l’histoire, les chrétiens de l’époque ne fêtaient pas le jour de la naissance du Christ tous les ans comme le font les chrétiens d’aujourd’hui. Ils ne célébraient qu’une fête annuelle qui est Pâques. Il a fallu attendre plus de trois siècles et demi plus tard après Jésus-Christ pour que Noël devienne officiellement une fête religieuse.

 

Pourquoi le 25 décembre ?

Nous sommes nombreux à croire que Jésus est né à Bethléem le jour de Noël, c’est-à-dire, le 25 décembre. Seulement, aucun texte de la Bible ne précise quel jour Marie sa mère a réellement accouché. 

Si la célébration de la fête commémorative de la naissance de l’enfant Jésus a été associé à la date du 25 décembre, c’est en grande partie grâce à l’empereur romain Constantin. Durant son règne, dans l’Antiquité, les cultes ont dominé le christianisme et le plus pratiqué dans l’Empire romain était le culte de Mithra

Apparu en Perse, il a lieu chaque année le jour du Solstice d’hiver pour célébrer la naissance du Dieu Mithra, considéré comme le Dieu de la lumière et de la justice. Ses adorateurs le reconnaissent comme une divinité qui se manifeste par la lumière des astres, notamment le soleil. À la fois brillant et invincible, il serait l’ennemi des démons et de la nuit. 

En s’appuyant sur le calendrier en vigueur de l’époque, c’est-à-dire le calendrier Julien, l’empereur romain a décrété le début du solstice d’hiver le 25 décembre, à une date erronée. Cette date correspondait également à la fête du Sol Invictus (la commémoration de la naissance du soleil invincible). 

L’empereur Constantin était un fervent adorateur du Sol Invictus si bien qu’en l’an 274, il décida de faire du culte de Mithra une religion d'État. Depuis, celui-ci devenait peu à peu populaire faisant de l’ombre au christianisme. Ce dernier avait pourtant commencé à se répandre partout à Rome. 

Pour éviter que le Sol Invictus empêche la nouvelle religion de prendre de l’ampleur, le Pape Libère décida alors d’associer la célébration de la naissance du Dieu Chrétien (Jésus-Christ) au solstice d’hiver. 

C’est ainsi qu’en l’an 354 après J-C, soit durant le IIIᵉ siècle, que la naissance du Fils de Dieu appelée communément “Noël” fut célébré le 25 décembre et prend place dans le calendrier à côté des fêtes chrétiennes anciennes dont Pâques et Pentecôte. Depuis, il se fête tous les ans à la même date. 

La fête du Sol Invictus et celle de Noël sont donc très différentes mais se célèbrent le même jour. Ceci dit, les traditions liées à la fête païenne ont eu beaucoup d’influences sur celles de Noël. 

Selon Robert Turcan, un historien français, les représentations de la Vierge à l’enfant se seraient apparemment inspirées des représentations de la déesse égyptienne Isis qui allaitait Horus. Les récits affirment aussi que les traditions liées aux échanges de cadeaux, les repas festifs ou encore les décorations de Noël se seraient aussi inspirées du Sol Invictus. 

 

Pourquoi illumine-t-on les maisons et les rues à Noël ?

À l’approche de Noël, la plupart des rues, des maisons et des églises sont illuminées principalement par des guirlandes lumineuses. Cette tradition a été inspirée de celle des Celtes qui avaient pour coutume de décorer les arbres au moment du solstice d’hiver. Symbole de vie, ils décidèrent de l’illuminer. Ils le faisaient également pour rendre hommage au Dieu du soleil. 

Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Yule. Il s’agit d’une fête du solstice d’hiver occidentale pré-chrétienne que beaucoup d’Allemands considèrent comme une sorte de “proto Noël”.  

 

Noël : une fête devenue universelle 

Depuis que cette date s’est imposée sur le calendrier, Noël se fête partout dans le monde le 25 décembre. Seulement, tous les pays n’ont pas les mêmes façons de le célébrer. 

Si dans de nombreux pays comme la France ou les États-Unis, il est de coutume de rassembler la famille, en ce jour, autour d’un repas festif pour lequel on aura sorti notre plus belle tenue de Noël et qui s’achève avec un échange de cadeaux autour du sapin de Noël, dans d’autres pays, cela ne se passe pas tout à fait de la même façon. 

 

Noël au Portugal

Dans certains pays comme le Portugal par exemple, l’échange de cadeaux se fait la veille de Noël. Puis, au lieu d’accrocher des chaussettes de Noël sur la cheminée, les Portugais placent plutôt des chaussures en face de celle-ci pour recevoir leurs cadeaux. 

Ils ont aussi pour coutume de brûler un tronc d’olivier ou de châtaignier dans la cheminée le jour de Noël. Par ailleurs, au menu, ils servent de la morue et des gâteaux de fruits confits à la place de la dinde et de la bûche de Noël.  

 

Noël en Espagne

Du côté de l’Espagne, les traditions liées à la fête de Noël sont aussi différentes. À commencer par la distribution des cadeaux qui se fait généralement le 6 janvier, durant l’Epiphanie et non le 25 décembre. Ceci dit, pour faire plaisir aux enfants le jour de Noël, les Espagnols ont cette tradition d’éclater une bûche en bois remplie de cadeaux à l’intérieur. Celui-ci rappelle un peu la pinata. 

 

Noël en Grèce

La Grèce a aussi ses propres traditions de Noël. Effectivement, durant cette fête, les Grecs décorent leur salon d’un bateau, emblème de leur nation. Celui-ci remplace le sapin de Noël. Leurs traditions veulent également que les garçons portent chacun un bateau dans la rue tout en fredonnant des chants de Noël. 

Durant les 12 jours de Noël, c’est-à-dire du 25 décembre au 6 janvier (fête de l'Épiphanie), les Grecs allument chaque jour un feu et y suspendent du basilic pour chasser les mauvais esprits. Pour eux, la distribution des cadeaux se fait le 1ᵉʳ janvier durant le Saint-Basile.

 

Noël en Estonie

L’Estonie fête également Noël, mais à leur manière. Pour les Estoniens, les festivités commencent le 23 décembre, car ils attendent le début du solstice d’hiver. Durant cette période de fête, ils ont pour coutume d’allumer chaque nuit le feu de la cheminée pour chasser les mauvais esprits. 

Quant au menu de Noël, ils préfèrent le porc à la fameuse dinde qu’ils servent avec de la choucroute. Pour le dessert, du pain d’épice et de la bière à la place de la bûche et du lait de poule.

 

Bref, tous les pays du monde célèbrent Noël même si certains d’entre eux cultivent des traditions quelques peu différentes. 

 

Les symboliques qui se cachent derrière la fête de Noël :

La fête de Noël revête un double sens. D’un côté, il a sens humain. D’un autre, il a un sens chrétien :

 

Le sens chrétien :

Noël symbolise d’abord la venue du fils de Dieu parmi les hommes. Il symbolise aussi l’incarnation, car le fils de Dieu s’est fait homme. L’évangile selon Saint Jean (2/14) : Jésus “s’est fait chair et il a habité parmi nous”. S’il est descendu parmi nous, c’est pour nous libérer de nos péchés, pour que nous participions à sa nature divine et surtout pour apporter justice et paix dans le monde, aux hommes qu’il aime.

 

Le sens humain :

Bien que la fête de Noël soit une fête chrétienne, depuis le XXe siècle, elle a commencé à perdre petit à petit son aspect religieux pour prendre une connotation folklorique et revêtir un sens plus humain. Effectivement, elle est devenue une occasion pour rassembler la famille autour d’un bon repas et pour s’échanger des cadeaux autour du traditionnel sapin de Noël dans l’espoir de créer de formidables souvenirs.

Elle symbolise également un message de paix et de joie comme l’évoquent les strophes de la chanson des anges “Gloire à Dieu au plus des cieux, et paix sur la terre”. Elle inspire d’ailleurs les fidèles à faire de bonnes actions la veille au soir du jour de Noël. Ainsi, nombreux d’entre eux s’organisent pour distribuer des repas aux sans-abri ou distribuent des cadeaux aux enfants défavorisés et les malades pour leur apporter un peu de joie en ce jour de fête...

 

Comment le Père Noël est-il apparu dans l’histoire de Noël ?

Tant attendu le soir du 24 décembre, le Père Noël est un personnage emblématique de la fête de Noël dont l’apparition demeure un mystère pour beaucoup. Qui est donc ce bonhomme à la barbe blanche, vêtu de costume rouge et blanc, et comment est-il apparu dans l’histoire de Noël ?

Santa Claus pour les uns, Père Noël pour les autres ou Father Christmas pour le reste, etc., quel que soit le nom par lequel nous l'appelons, il est connu partout dans le monde comme le gentil homme qui distribue les cadeaux au pied du sapin de Noël le soir du 24 décembre. 

Généralement, son image est souvent associée au folklore à cause de son traîneau tiré par des rennes, son sac rempli de jouets, les lettres que les enfants lui envoient tous les ans, etc. 

Selon les récits, celui-ci fut inspiré d’un homme chrétien nommé Saint-Nicolas, évêque de Myre. Ce dernier avait pour habitude de distribuer ses biens aux pauvres et de protéger les enfants, exactement comme le Père Noël. Il peut également être assimilé à Julenisse, une petite créature humanoïde légendaire du folklore scandinave que l’on compare au lutin français. Bienveillant, il protégeait les enfants contre les mauvais sorts, en particulier la nuit lorsque leurs parents dormaient.

Quoi qu’il en soit, ce personnage sympathique fut popularisé en 1843 par Charles Dickens à travers ses 5 livres de Noël. Georges Sand a également contribué à faire connaître la légende du Père Noël à travers le monde en 1855 en le mentionnant dans une de ses œuvres littéraires. 

Seulement, il fallut attendre le 1ᵉʳ janvier 1881 pour que le monde puisse enfin mettre une tête à ce fameux personnage qu’est le Père Noël. Effectivement, c’est à cette date que Thomas Nast, un caricaturiste a publié pour la première fois le dessin du Père Noël dans le journal américain. 

Enfin, pour voir une allure plus humaine du Père Noël, il fallut attendre 1931. Au cours de cette année, Coca-Cola le commercialise partout dans le monde à travers les affiches et les publicités.